Quand les chaînes publiques s’embrouillent

C’est suffisamment rare pour être souligné, mais la chaîne Arte, par le biais de Véronique Cayla, la présidente du directoire français de la chaîne, a ouvertement critiqué les attitudes respectives de France 3 et France 5, dont les grilles de programmes semblent destinées à plomber celle de la chaîne culturelle européenne. Arte qui depuis plusieurs années a fait le choix d’un éventail culturel accessible au plus grand nombre, se trouve désormais concurrencée par une offre de contenus similaires à horaires correspondants.

Ainsi, Arte qui  soutient activement le cinéma, d’ailleurs très présente à Cannes avec une vingtaine de films projetés sur la Croisette, regrette que les cases cinéma des chaînes publiques soient de plus en plus concurrentielles. Ainsi, la complémentarité des grilles de programmes qui était respectée jusque-là semble s’estomper au profit d’une concurrence frontale.  France 5 propose depuis le début du mois, par exemple, chaque lundi un film patrimoine sur la même case qu’Arte, qui offre une thématique similaire depuis cinq ans. Il en va de même, pour le prime time du jeudi où la case est maintenant consacrée aux séries européennes, ce que France 3 vient également d’adopter comme format.

Véronique Cayla estime que cette concurrence est néfaste pour le service public en terme d’audiences pour les chaînes concernées et par la nécessité de compensation financière, se répercutant à terme sur les téléspectateurs, dont la redevance pourrait alors augmenter.

La complémentarité au sein du service public audiovisuel laisserait-elle progressivement place à une concurrence acharnée qu’on attribuerait plus volontiers aux chaînes privées ? La rentrée de septembre et les choix de la nouvelle présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, devraient donner quelques indices sur cette approche qui semble exclure Arte des intérêts convergents du service public audiovisuel.

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