Speed watching, une tendance qui s’accélère

Quelques médias, les Echos ou le Nouvel Obs ont récemment mis l’accent sur cette tendance qui consiste à regarder un programme de manière accélérée, sans nuire à la compréhension et la lisibilité du film, série ou documentaire regardé.

A cela rien de nouveau, puisque les logiciels de navigation sur YouTube, VLC ou Chrome permettent de regarder une vidéo à vitesse accélérée. Ainsi, en multipliant le défilement des images par 1,5, il devient possible de visionner un document de 52 minutes en environ 35 minutes.

Comme le précise le Nouvel Obs, ce phénomène n’est que le prolongement d’une tendance ancienne puisque, déjà, en passant du cinéma à la télévision et, du même coup, d’un défilement de 24 images/seconde au cinéma à un défilement de 25 images/seconde à la télévision, un film de 90 minutes se voit en moins de 87 minutes.

Mais là ou la fonction « accélérée » des magnétoscopes, des lecteurs de DVD et ensuite des lecteurs numériques rendait incompréhensible les paroles et dialogues, dans sa forme actuelle, le speed watching permet une bonne compréhension du contenu visualisé.

 

Il n’en fallait pas plus pour que certains sériephiles mettent l’application au service de leur consommation effrénée de fictions. En visionnant les séries en accéléré, on « gagne » un temps appréciable. Les tenants de cette pratique se justifient en arguant que l’offre fictionnelle est beaucoup trop large aujourd’hui et que, pour en voir le plus possible, il leur faut bien utiliser les moyens mis à leur disposition.
Comment vont réagir les scénaristes face à cette nouvelle pratique ? Les fans de série adeptes de cette pratique rétorquent que le volume croissant des séries proposées conduit à cette méthode afin de regarder plus de contenus en gagnant du temps. Cette consommation à l’excès ne conduit-elle pas à déprécier la qualité du contenu, et n’avoir qu’un survol rapide d’une série ou d’un film dont les détails révèlent souvent beaucoup.

2 pistes s’affrontent donc pour réagir à ce mode de visualisation. La première consiste à contenter les amoureux de la vitesse par des séries qui valent plus par les événements qu’elles racontent que par leur façon de le faire. En un sens, leur donner raison. A l’opposé, la finalité serait de contraindre à un retour au mode normal, en privilégiant la multiplication des détails indispensables à la compréhension du programme.

 

Dans une société de consommation, où tout est axé sur le « speed », fast-food, speed dating, il y a fort à parier que ce mode de consommation plutôt individualiste perdure et que les producteurs et scénaristes n’aient pas à spécialement s’adapter à leur choix, mais accepter l’idée qu’observer un film ou une série, est une approche personnelle, tout comme l’est la compréhension et l’appréciation d’une oeuvre d’art.

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