Que ferait la droite de l’audiovisuel public ?

Cela ne semble pas être la priorité des programmes de campagne présidentielle, cependant l’audiovisuel et les médias demeurent un domaine où les politiques souhaitent régulièrement marquer leur empreinte. Le programme qui suit serait celui privilégié par l’équipe de François Fillon, mais il convient de rappeler que cette approche découle de Fondapol, (un think tank proche des républicains) initialement émis en septembre 2016. Que ferait donc la droite de l’audiovisuel public ? Entrons dans le détail :

– France 2 serait privatisée
– France 3 serait supprimée
– France 4 serait également supprimée
– France Ô ferait aussi partie du lot de chaînes supprimées.
– Sur le canal 3 devenu vacant une nouvelle chaîne culturelle libérée des contraintes d’audience verrait le jour.

Vu comme ça, on ne parle plus de refonte de l’audiovisuel public, mais d’un massacre du groupe France Télévisions. Mais l’approche ne s’arrête pas uniquement à la télévision, puisque le même traitement est prévu pour la radio publique en réduisant le nombre de stations à trois.

L’auteur de la note, Olivier Babeau, professeur en stratégie à l’université de Bordeaux, part du principe que l’intervention de l’État ne peut être justifiée que par une réelle valeur ajoutée. Ainsi, la grande proximité entre les programmations de France 2 et de TF1 ne peut conduire qu’à la privatisation de la première chaîne publique, pour faire de France 2 ce qu’elle est, à savoir une chaîne généraliste grand public financée par la publicité, au même titre que TF1. La vente de la chaîne permettrait d’éponger les dettes de France Télévisions et de Radio France…

Concernant France 3, dont la justification originelle était de délivrer une information régionale, ou France 4 chaîne consacrée au divertissement, et France Ô, dont le public en métropole est à peu près nul, sachant par ailleurs que les territoires ultramarins reçoivent la TNT, le sort serait donc simple, leur arrêt pur et simple. Le canal 3, alors libéré par la suppression de France 3, devrait être attribué à une nouvelle chaîne culturelle, qui organiserait ses programmes en complémentarité avec Arte et France 5. L’intérêt d’une telle chaîne serait de replacer la culture oubliée au centre de l’action publique.

Quant au sport, cher à France Télévisions, il est évident que des événements comme le Tour de France, les Jeux olympiques ou Rolland-Garros ne seraient pas enterrés par le secteur privé.Toutefois, France 2 étant privatisée, le canal 3 dédié à la culture en complément de France 5 et Arte, on peut se demander où seraient donc diffusées les compétitions sportives ?

Du côté de l’information, la multiplicité des réseaux de communication fait qu’il est aujourd’hui « impossible » de museler les médias comme on pouvait le craindre il y a 30 ans. Toutefois, le rapport recommande la création d’une rédaction unique du service public en profitant de toutes les synergies possibles avec la radio publique, laquelle aura été réduite à trois stations.

Pas sur que les téléspectateurs français apprécient une telle refonte et leurs habitudes bousculées de la sorte. Toutefois, cette approche pose ouvertement la question d’une refonte de l’audiovisuel public, qui concerne également France info, les participations à France 24, TV5, Euronews, sans oublier LCP ou Public Sénat et le GEIE Arte.

Alors quelques évolutions à prévoir dans le PAF au cours des 5 prochaines années ?

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