Ligue 1, objectif le milliard d’euros

Fatalement, l’achat la semaine passée par SFR Sport des droits de la Ligue Europa et de la Champion’s League allait susciter bien des envies et ouvrir très grand l’appétit des ligues et fédérations détentrices de droits premium. Mais que l’on ne s’y trompe pas, certes bien des droits sont à attribuer ou à confirmer au cours des prochaines années, Bundesliga, Liga, Calcio, et tous les sports sont concernés par delà le football, mais c’est bel et bien la Ligue 1 qui va engendrer les plus grosses batailles. Et très clairement dans le cas présent, l’affaire est prise très au sérieux, par la LFP (en charge de la commercialisation des droits de Ligue 1 pour la période 2020-2024) certes, mais bien plus encore par les opérateurs et diffuseurs qui voudront tout en exclusivités.

La négociation c’est pour 2018 ! Et dans cette bataille à venir, citons 3 acteurs affirmés + 1 en soutien et 1 acteur qui avance masqué à ce jour. Revue des forces en présence :

Canal+ : à ce jour détenteur des 3 plus belles affiches de Ligue 1 par journée, dont quelques unes codiffusées, la chaîne dispose d’un avantage majeur sur sa concurrence, le sport n’est pas son unique thématique, Canal+ disposant d’une offre cinéma et séries pouvant encore séduire quand bien même la chaîne, diffuseur historique de la Ligue 1 depuis 1985 (alors nommée 1ère division) pourrait finalement se passer d’une reprise sur son antenne et compenser la perte par l’intégration des chaînes de l’acquéreur dans son bouquet, comme ce fut le cas pour beIN Sports. Avantage à prévoir à terme, Orange qui ne veut pas que la Ligue 1 file chez un concurrent (bonjour SFR) veut s’associer à Canal+ dans cette acquisition des droits afin de faire une offre conséquente et exclusive.

beIN Sports: tout le monde l’aura compris en interne au groupe ainsi que les téléspectateurs, beIN a pris un énorme coup la semaine passée. Son offre étant dès 2018 amputée des compétitions européennes, il lui est absolument impératif de rafler les droits intégraux de la Ligue 1 l’année prochaine pour une diffusion sur ses antennes dès 2020. L’équilibre économique de beIN Sports ce focaliser sur un point mort à 5 millions d’abonnés, hors le groupe en compterait à ce jour plus de 3 millions avec les droits présents. Sans la Ligue Europa et surtout la Champion’s League, de nombreux abonnés sans engagement risquent de partir au profit de la concurrence. Il s’agit donc objectivement d’une question de survie du modèle concentré sur du sport uniquement à ce jour, beIN Sports risquant tout simplement de se retirer du marché français à moyen terme ou se revendre au plus offrant, quitte à fusionner avec un concurrent.

SFR Sport: le nouvel entrant celui qui veut tout, à tout prix, sans compter comme le fit beIN Sports 5 ans plus tôt. Un modèle risqué, mais qui peut s’avérer gagnant dès lors que les chaînes disposent des contenus les plus attractifs pour le marché français. SFR Sport se heurte cependant à 2 écueils provisoires qu’il compte contourner rapidement: la non reprise de ses chaînes par la concurrence, une question de nom rapidement résolu visiblement, mais également la volonté de proposer de multiples sources d’accès aux offres SFR et plus exclusivement par le réseau cable, fibre et adsl de l’opérateur. C’est pourquoi les chaînes sont déjà proposées en OTT, mais comme cela n’est pas suffisant, l’offre SFR Satellite devrait être opérationnelle dès la rentrée 2017.

il reste un acteur masqué, qui pourrait soit profiter simplement des offres présentes et les reprendre sur son réseau, ou faire une offre à laquelle personne ne s’attendrait alors, il s’agit évidemment de MEDIAWAN, dont Xavier Niels, fondateur de Free, associé à Pigasse et Capton, pourraient communément décider de batailler et créer leurs propres chaînes sportives.  Pure hypothèse à ce jour.

Les médias en ligne persistent à penser que les offres pourraient dépasser le milliard d’euros, du côté Mediactus, si l’on tient compte de l’inflation récente des droits de la premiere league anglaise et droits européens, souvent multipliés par 2 et acquis par SFR, on peut sans exagérer penser que c’est le milliard cinq cent millions d’euros qui devrait être atteint. Réponse dans 1 an !
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