Les Archives de l’audiovisuel, N°1 l’ORTF

Mediactus ouvre en ce mois de septembre une nouvelle rubrique, déclinée sous forme d’articles hebdomadaires, intitulée « les archives de l’audiovisuel« . La télévision nous accompagne depuis plusieurs décennies déjà et si nous consommons celle-ci sans modération, elle n’en demeure pas moins un ensemble de souvenirs, de chaînes, d’émissions, d’animateurs ou événements marquants que nous n’avons pu occulter.

Se focaliser sur l’actualité des médias est une orientation à laquelle s’ajoutera désormais un retour vers un passé pas si lointain. Chaque lundi, sauf pour cer article 1 des Archives de l’Audiovisuel, nous évoquerons ensemble une chaîne, une personne influente, un programme et j’inviterai chacun de vous à contribuer également par le forum à apporter ses souvenirs, images ou contenus en rapport à l’article.

Cette semaine, le choix se porte donc sur la naissance de l’ORTF !

Mais quel est donc cet acronyme ? L’ORTF ou Office de radiodiffusion-télévision française est né sur les cendres de la RTF fondée en 1949, laquelle avait déjà succédé à la RDF ou Radio Diffusion française née en 1945.

L’ORTF est donc né en 1964, afin de donner de nouveaux statuts et une plus grande autonomie aux chaînes. L’ORTF a pour but de moderniser le service public de radio-télévision française et de satisfaire les besoins d’information, de culture, d’éducation et de distraction du public. Malgré cette modernisation de l’audiovisuel français, le monopole de service public est maintenu, et l’ORTF demeure sous la forme juridique d’un Établissement public à caractère industriel.  La RTF Télévision devient la première chaîne et la RTF Télévision 2 devient la deuxième chaîne de l’ORTF.

Le 1er octobre 1967 est une date historique puisqu’elle légalise l’apparition de la publicité qui complète ainsi la redevance audiovisuelle. La Régie Française de Publicité est alors créée pour pouvoir gérer la publicité sans passer par des tiers. La première publicité (Régilait) sera diffusée sur la première chaîne le 1er octobre 1968, soit près d’un an après sa légalisation.

Le 1er octobre 1967, est également un événement pour les téléspectacteurs puisque la deuxième chaînes passe alors à la couleur via le procédé SECAM !

L’ORTF devient à partir de mai 68 la cible des manifestants et grévistes qui paralysent alors le pays. L’Office compte alors plus de 12 000 employés, pour la plupart regroupés dans la Maison de la Radio. L’ORTF est sous contrôle et reste à distance des événements qui ont débuté le 22 mars à l’Université de Nanterre, gagné le quartier latin, puis le monde ouvrier, et bientôt l’ensemble de la société. Jour après jour, l’ORTF se veut rassurante et reste à distance du mouvement. Elle est accusée par le public de mensonge, de partialité, de collusion avec le pouvoir et la police, et conservera cette image de « voix de l’Élysée’ jusqu’à son démantèlement. Les journaux télévisés drainent alors 70 % de la population, soit 8,5 millions de téléviseurs en service.

L’éclatement de l’ORTF surviendra finalement 6 ans plus tard et sera précédé par une réflexion au cours de laquelle les syndicats de journalistes auront effectué plusieurs propositions, pour le maintenir mais le réformer dans le sens d’une plus grande liberté par rapport au gouvernement. L’office est donc démantelé le 31 décembre 1974 et sept sociétés résultent de ce démantèlement:
– Radio France qui regroupe les 4 chaînes de radio nationales de l’ORTF.
– Les 3 sociétés nationales de programmes de télévision, dont les noms évoluent alors au profit de TF1, Antenne 2 et FR3
– 3 établissements publics: TDF, la SFP et l’INA.

Le siège principal de l’ORTF devient alors celui de Radio France, les studios de télévision et le matériel roulant en particulier les cars régies sont réattribués à la SFP, à l’exception de trois cars régies attribués à FR3 et stationnés dans les centres régionaux de Lille, Lyon et Marseille. Le siège des trois chaînes de télévision devient celui de TF1.

Le monopole d’État, lui sera maintenu jusqu’en 1981 pour la radio et jusqu’en 1982 pour la télévision. Dans les faits cependant, la première chaîne de télévision privée, Canal+ n’arrivera que le 4 novembre 1984, soit presque 10 ans plus tard !

Une évolution bien lointaine et paradoxalement si proche, puiques les 3 chaînes historiques de l’ORTF sont toujours au sommet des audiences, même si M6 occupe depuis régulièrement la 3e place de l’audimat.

La semaine prochaine, retour sur le destin tragique de la première chaîne privée gratuite française, la 5 !

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