Altice a des ambitions sur la télévision locale

Alain Weill, le patron de NextRadioTV, a levé un peu le voile sur des annonces qui devraient être faites en octobre prochain au sujet des télévisions locales. Sur ce marché qui peine à exister en France, Altice a des ambitions. Le modèle de sa chaîne locale BFM Paris, lancée fin 2016 sur la TNT, a vocation à être dupliqué dans d’autres grandes villes françaises.

Alors que les chaînes locales peinent à se viabiliser conduisant certaines à cesser leurs activités, il semble qu’Altice ait décidé de s’impliquer durablement au sein des grandes métropoles. Si l’on ignore les grandes lignes de ce projet, il est assez probable qu’un vieux modèle soit à l’ordre du jour. Lequel ? Revenons plus de 40 ans en arrière, et dirigeons-nous en Italie, où un homme d’affaires issu de l’immobilier a décidé de créer une puis plusieurs chaînes locales à Milan. Il s’agit évidemment de Silvio Berlusconi. Des chaînes qu’il dupliqua ensuite dans les plus grandes villes italiennes créant un réseau peu à peu étendu sur tout le pays, ce qui s’avérait à l’époque un réel challenge technique puisque pour diffuser des programmes communs, il fallait alors faire parvenir à chaque antenne locale les cassettes de programmes pour une harmonisation des contenus. Ceci évolua rapidement et les antennes locales furent ensuite fermées au profit de diffusion nationale de Italia Uno, Rete Quattro et Canale Cinque.

Et bien, ce modèle de syndication avec la naissance d’antennes locales dédiées essentiellement à l’information dans un premier temps, complété à terme de programmes issus du groupe Altice, en diffusion nationale pourrait ainsi permettre au groupe de Patrick Drahi de disposer d’une chaîne TNT supplémentaire, officiellement locale, plus logiquement en programmes partagés à terme.

On peut y voir pour certaines chaînes locales une opportunité à se rentabiliser, car quelle est réellement la manoeuvre d’Altice ? Investir dans des chaînes existantes déficitaires ou créer de nouvelles chaînes ? On opterait plus pour la première solution.

Toujours est-il que les plus grandes villes devraient pouvoir prochainement disposer de chaînes locales plutôt axées sur l’information et les services avant d’opter pour des formats plus généralistes. A condition que les villes, le CSA ou les actionnaires de chaînes déjà existantes s’ouvrent à Altice, car le récent exemple du dossier BFM Toulouse abandonné finalement est là pour démontrer qu’il existe une concurrence et des offres alternatives au modèle BFM Paris qui se targue des résultats ci-dessous.

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