Souhait d’un service public sans pub !

En plein projet de réforme de l’audiovisuel public, le président de M6, Nicolas de Tavernost, plaide pour la suppression intégrale de la publicité sur les chaînes publiques et une réforme en profondeur de la loi de 1986 qui régit le paysage audiovisuel français.

Selon l’intéressé, France Télévisions devrait se concentrer sur ses seules missions de service public. Le patron de M6 plaide également pour une plus forte intégration dans les groupes audiovisuels des activités de production et de diffusion, dans le cadre du toilettage de la loi de 1986. Nicolas de Tavernost juge aussi « anachronique » l’interdiction pour les chaînes de télévision de diffuser des films le mercredi soir ou le samedi et « absurdes » certaines règles sur la publicité.

Alors que comprendre entre les lignes :
– la publicité ne doit désormais concerner que les groupes privés, dont TF1 et M6 seront évidemment les principaux bénéficiaires. Certes le financement des chaînes publiques par la redevance audiovisuelle est sensée permettre de budgéter annuellement les besoins des groupes Radio France et France Télévisions, mais tant que les groupes concernés se permettront des refontes de logos à prix exorbitant et l’achat de productions externalisées à prix d’or, auprès d’animateurs producteurs, l’équilibre économique ne risque pas d’être atteint par cette seule redevance. Mais bon M6 a raison d’essayer…
– encourager la la réforme de la loi de 1986 vise essentiellement à permettre une plus grande indépendance dans la création interne de contenus et la commercialisation transfrontières de programmes au sein d’un même groupe. Ainsi pour le groupe M6, la priorité concernerait alors l’achat de de séries, émissions ou concepts de RTL Group, son actionnaire principal à presque 49%.
Une manière de contourner la règlementation sur la production d’oeuvres, et taux de diffusion français, européen, ou international sur les antennes du groupe. Mais il est exact que la loi de 1986 est obsolescente, loi que l’on doit d’ailleurs au retrait des concessions de la Cinq et TV6.
– enfin le cas du cinéma interdit d’antenne le mercredi et samedi soir en prime time, devrait à juste titre être désormais révoqué, car interdire aux chaînes la diffusion de cinéma à cet horaire, revient à empêcher l’accès aux services SVOD, VOD ou replay sur ce même constat, interdire de visionner des DVD, enregistrements divers au seul motif de protéger le cinéma ! Quelle profession bénéficie d’un tel privilège, empêchant la télévision d’organiser selon chaque chaîne librement sa grille de programmes ? Un pur archaïsme à supprimer définitivement.

Cependant, il est bon de rappeler que Nicolas de Tavernost n’est que le patron de M6 !

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