«No Billag» terrifie le cinéma suisse

Comment se réveillerait, au matin du 5 mars, le milieu du cinéma et de la télévision en cas de réussite de l’initiative «No Billag» ? La suppression de la redevance telle qu’elle est perçue actuellement serait une catastrophe pour tous les métiers de l’audiovisuel en Suisse, car le texte de l’initiative stipule que la Confédération ne pourra plus recueillir de l’argent public pour un service public. De facto, cela signifie qu’un tiers du soutien à la branche cinéma, assuré par la télévision, disparaîtrait. Que toutes les subventions au cinéma et au documentaire s’éteindraient. Ainsi que celui des séries TV.

C’est le Pacte audiovisuel qui, en Suisse, permet depuis 1996 à la création cinématographique d’exister. Avec l’Office fédéral de la culture (OFC), la SSR (Société suisse de radiodiffusion et télévision) est le principal acteur de la promotion du cinéma suisse. Chaque année, celle-ci investit 27,5 millions de francs dans la production audiovisuelle. Une somme dont 14 millions vont aux productions télé, 9 millions aux longs-métrages et un million aux films d’animation, sans compter les projets multimédias. En cas de oui à «No Billag», pas de financement, pas de diffuseurs, pas de marché. Une véritable faillite et ce serait d’ailleurs la fin de la SSR dans sa mécanique actuelle.

 

Ce que montre bien «No Billag», c’est la fragilité de tout un système. Il suffit que celui-ci soit mis en péril pour que tout le monde soit à son tour en danger. En cas de catastrophe, tous les mécanismes de soutien devraient être revus.

Du côté des sociétés de production, le ton n’est guère plus optimiste. Alors que certains cinéastes donnent de leur personne, plusieurs producteurs genevois se montrent tout aussi véhéments. L’existence des sociétés de production pourrait être compromis en cas de oui à «No Billag». Pour celles qui sont spécialisées dans le documentaire ou le reportage, ce sera difficile.

Si «No Billag» passe, 80% des boîtes de production devraient cesser leur activité. Faire du cinéma de qualité sans les aides des services publics s’avère une équation délicate. C’est in fine, la perte d’une certaine identité nationale, et pour les cinéastes indépendants, ce serait une sorte de mise à mort !

Source La Tribune de Genève

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