Simple hommage à Stéphane Audran

A l’heure où l’information permanente s’abreuve du hard news, nul doute que la disparition d’une grande comédienne ne fera que quelques lignes ! Pourtant c’est un pilier du cinéma hexagonal qui vient de nous quitter. Stéphane Audran, de son vrai nom Colette Dacheville, est donc partie ce 27 mars et nous laisse l’empreinte indélébile d’une femme dont le style, l’élégance et la beauté glacée la rendait hypnotique, mystérieuse et subtile dans un jeu de comédienne souvent axé sur l’ambiguité.

Sa rencontre professionnelle et personnelle avec Claude Chabrol lui offrira plusieurs bonheurs, celui d’un fils Thomas, mais également quelques uns des plus grands films réalisés par Chabrol,  citons en référence, « le boucher » et sa confrontation amicale et quotidienne avec un tueur en série, épris d’elle,  « la femme infidèle » trompant son mari, Michel Bouquet, meurtrier passionnel. Des chefs d’oeuvre du cinéma français à redécouvrir tant pour la noirceur de chaque film que pour la qualité d’interprétation de femmes généralement impliquées dans une affaire de meurtre.

Stéphane Audran était à la fois belle, réservée, et unanimement appréciée pour sa gentillesse….et sa passion pour l’alimentation qui l’encourageait notamment à cuisiner pour les équipes présentes lors de tournages. On réalisera d’ailleurs pourquoi « le festin de Babette » eut un franc succès car il mettait assurément en évidence une des facettes les plus intimes de l’actrice.

Ceux qui la connaissaient lui rendront un légitime hommage, mais pour un simple spectateur réalisant avec le recul, combien le cinéma des années 60 et 70 a sur apporter de talents et la densité des histoires narrées, alors que les effets spéciaux étaient quasi inexistants, lui témoigner l’affection qu’on porte à un proche était une évidence et l’on se dit que le départ de certains grands, à l’exemple de Jean Rochefort l’année passée, mériterait bien plus que quelques lignes. Au revoir Stéphane….

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