Quand Libé épingle Bolloré

C’est un article passionnant de Libération, http://www.liberation.fr/futurs/2017/03/01/direct-matin-renfloue-et-i-tele-saigne-le-double-discours-de-vincent-bollore_1551700 qui met le feu aux poudres, concernant le double discours de Vincent Bolloré sur sa gestion du conflit à iTélé, fondée notamment sur une argumentation économique cohérente, le fait de ne pas agraver les pertes de la chaîne d’informations et chercher à la rentabiliser, quand parallèlement il semble que tout le contraire soit fait au profit du quotidien gratuit Direct Matin, devenu Cnews Matin depuis lundi.

Rappel des faits: la chaîne d’information du groupe Canal +, dont Vivendi est l’actionnaire de référence, a perdu 15 millions d’euros en 2014, 20 millions en 2015 et probablement 25 millions en 2016. D’où la nécessité d’une nouvelle direction, de la mise à l’antenne de figures. D’un point de vue purement économique, le raisonnement est logique.

Là où les affaires se compliquent pour Vincent Bolloré, c’est que sa propre gestion financière de l’un de ses médias (Direct Matin devenu Cnews Matin) est pour simplifier l’analyse désastreus. Entre 2007 et 2015, le quotidien a enregistré 94,4 millions d’euros de ­pertes nettes, et sans doute plus de 100 millions d’euros si l’on ajoute l’année 2016. Soit plus de 10 millions d’euros de pertes par an en moyenne pour chiffre d’affaires ­cumulé de seulement 153 millions d’euros.

D’après des documents comptables consultés par Libération, l’entreprise a dû procéder à six augmentations de capital pour éponger ce déficit permanent, pour un total de près de 90 millions d’euros injectés depuis 2007. En janvier 2012, le patron de l’époque, Jean-Chris­tophe Thiery, promettait pourtant l’équilibre financier pour l’année suivante. Malgré des promesses non tenues, ce dernier préside désormais le directoire de Canal + . De là à en déduire les résultats actuels…

Article où l’on apprend également que Le Monde est d’ailleurs en ­contentieux avec Bolloré, pour un rachat de participation au titre  soit 30 % qui aurait dû être rachetée par l’actionnaire principal du ­titre, ce qui n’a jamais été fait.

Enfin la mise en avant des méthodes d’influence destinées à faire la promotion de filiales du groupe Bolloré ou de chefs d’états africains où Vivendi s’implantait et investissait,  bien loin de la dé­ontologie journalistique de base, dont Olivier Biffaud, ex-rédacteur en chef du Monde se souvient, ne sont pas sans rappeler les mécanismes classiques de propagande à caractère économique dans le cas présent.

Au final, la question que pose à juste titre Libération, (quotidien dont l’actionnariat est pour partie propriété de Patrick Drahi, afin de rester le plus objectif dans l’analyse) est la suivante: la convergence de la chaîne Cnews au quotidien gratuit Cnews Matin a-t-il poir objectif avéré de réduire enfin les pertes ou entretenir son influence  ?

Et vous qu’en pensez-vous ?

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