Le Qatar injecte 600 millions d’euros

Selon Libération, Doha a injecté, fin 2016, 600 millions d’euros dans son bouquet français de chaînes sportives. L’opération du 28 décembre a pris la forme de deux augmentations de capital simultanées, l’une de 500 millions d’euros, l’autre de 100 millions. Ce renflouement n’est pas le premier pour beIN. En 2013 et 2015, le Qatar avait déjà dû injecter près de 800 millions d’euros. Au total, l’émirat du Qatar a ainsi débloquer 1,4 milliard d’euros.

Des sommes colossales justifiées par les pertes vertigineuses de beIN Sports qui revendique désormais 3 millions d’abonnés, mais dont le modèle économique actuel nécessiterait plus de 5 millions d’abonnés pour atteindre l’équilibre.

Libération s’interroge également sur  les intentions à terme des dirigeants qataris dont certains annoncent un prochain désengagement qui pourrait se vérifier lors de la remise en jeu cette année de la Formule 1 et surtout de la Ligue des champions.

Mediactus s’engage sur une autre approche:
– BeIN Sports et l’émir du Qatar, n’auront plus à tenir compte de l’influence de l’Elysée pour ne pas affaiblir Canal+ et pourront ainsi faire le forcing sur les droits les plus attractifs Ligue 1 (mais pas cette année) et Champion’s League. En effet, n’obtenir qu’une partie des droits ne peut pas totalement attirer les fans des compétitions concernées.
– A la différence de Canal+ et SFR Sport, quoi que l’on dise sur le fait que les Qatariens surveillent désormais étroitement les dépenses inhérentes à l’activité de BeIN Sports, le bouquet BeIN Sports demeure un actif de l’état du Qatar, lequel en a encore fait la démonstration en décembre et pour qui réinjecter régulièrement plusieurs centaines de millions d’euros, n’est pas un réel souci. La production énergétique gazière et pétrolière sauront encore quelques années voir décennies couvrir les pertes enregistrées par BeIN Sports qui rappelons le, pourrait légitimement prétendre franchir la barre des 5 millions d’abonnés si le bouquet disposait en totalité et en exclusivité par exemple des droits de la Champion’s League, et de la Ligue 1 + quelques championnats majeurs.
– Enfin jusqu’au déroulement de la coupe du Monde 2022, il n’est pas dans l’intérêt de l’émirat Qatari de céder BeIN Sports, fenêtre qualitative de la compétition et reflêt du savoir-faire de l’émirat en terme d’événements sportifs et de production audiovisuelle associée.

Avant de se préoccuper de la fragilité économique du Qatar, il y a fort à parier que Vivendi et Altice auraient plus à perdre d’une surenchêre vertigineuse des droits sportifs.

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